Theatre (697489), страница 3
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La premiиre d’ Hernani, le 25 fйvrier а la Comйdie-Franзaise, provoqua la cйlиbre bataille entre les bourgeois et les jeunes Romantiques.
Il est pourtant le grand mйritede faire triompher un renouveau du thйвtre dans lequel les uns et les autres allaient puiser leur libйrtй.
Dumas, Mйrimйe
Un an avant Hernani, Alexandre Dumsas (1802-1870) avait dйja donnй а la Comйdie-Franзaise Henri III et sa cour (1829) qui, sans faire de scandale, avait plu par son mouvement. Dans les manifestes romantiques, Dumas avait surtout piusй le principe d’un thйвtre historique, servant de toile de fond а des avenrures politiques et amoureuses.
Il enchaina avec Anthony (1831) et La Tour de Nesle (1832), incontestables rйussites du genre, mкme si la vйritй historique s’y trouvait quelque peu bousculйe.
Dumas pat la suite se consacra essentiellement а ses grands romans-feuilletons, que des miliers de lecteurs suivaient avec passion dans les journaux en ne se souciant pas plus que l’auteur de l’exactitude historique: «Qu’est-ce que l’histoire, demandait-il. Un clou auquel j’accroche mes romans.»
Et rappelons la curieuse tentative de Prosper Mйrimйe (1803-1870) qui prйtendra un temps n’кtre que le traducteur des oeuvres d’une certaine Clara Gazul. Sous la forme d’un «thйвtre littйraire», publiй entre 1825 et 1842, Mйrimйe s’adonna а un romantisme plus souriant que dramatique, avec des thиmes pleins de fraоcheur et d’originalitй. S’en dйtachent L’Occasoin, tendre drame juvйnile, et le brillantissime Carosse du Saint-Sacrement, objet de convoitise de la courtisane Calila Pйrchole dans un Pйrou d’opйrette.
Musset
Alors qu’Hernani, Antony ou Chatterion triomphaient sur scиne, un jeune dandy au talent prometteur vouyait l’une de ses premiиres piиces sifflйe а l’Odйon.
Alfred de Musset (1810-1857) fit pendant un certain temps partie de la jeunesse romantique,dont il incarna les outrances avec йlйgance et dйtachement.
De toute la dramatique franзaise, Musset est en effet le seul que l’on ait pu comparer au poиte anglais, mais son esprit de fantasie et son badinage en font aussi le premier grand hйritier de Marivaux. Il projeta son вme inquiиte et sensible dans ses personnages.
Musset projeta dans ses personnages ses ambiguitйs et ses interrogations qui йtaient, avant l’heure, proprement existentielles. Avec une йlйgance un peu blessйe, et sacs aucune artificialitй, il fit de son thйвtre la plus pure йmanation de l’esprit du Romantisme.
VI. Le Boulevard du Crime
Au Boulevard du Temple, la Rйvolution de 1789 eu un effet dйclisif sur les thйвtres: en supprimant le royal privilиge de la Comйdie-Franзais, elle autorisait tout а coup les directeurs des autres salles а montrer de vйritable piиces, et ils ne s’en privиrent pas. Le repertoire du genre se renouvela trиs vite sous la plume d’auteurs tels que Louis-Charles Caignier (1762-1842) et de Renй-Charles Guilnert de Pixйrйcourt (1773-1844), surnomйs les «Racine et Corneille de boulevard», avec des piиces romanesques de pure fantaisie.
Sur le Boulevard du Crime, on ne faisait pas que pleurer. La parodie, dans laquelle la Comйdie-Inalienne йtait passй maоtre au XVIIIe siиcle, resta au boulevard de l’un des genres les plus applaudis. La chute de l’Ancien Rйgime avait d’autre part propulsй sur la scиne des personnages comme le Roi d’Espagne, le Pape et la Tsarine de Russie.
Enfin, un genre nouveau, le vaudeville, mйlangeant la comйdies, les chansons et les ballets, florissait sur de nouvelles scиnes dont celles du Thйвtre du Vaudeville et du Thйвtre des Variйtйs.
VII. Le thйвtre Bourgeois
Drames et comйdies
Scribe, avec sa prolifique production, avait largement occupй les scиnes du thйвtre bourgeois. Il eut un continrateur en la personne de Victorien Sardou (1831-1908), qui fit montre de son savoir-faire dйs 1865 avec un drame bourgeois, La Famille Benoоton, puis avec une comйdie de Goldoni, Maison neuve (1867). Il fur du «sur mesire» pour Sarah Bernhardt avec Fйdora (1882), Thйodora (1884), йcrivit en 1887 un sombre drame La Tosca, que Puccini mettra en music.
Durant le Second Empire, Alexandre Dumas fils (1824-1895) poursuivit la carriиre thйвtrale de son pиre. Un drame personnel avait inspirй La Dame aux camйlias (1852), mais c’est avec les comйdies de moeurs, La Demi-Monde (1885), Denise (1885), Francillon (1887), qu’il se dйmarqua en abordant des thиmes sensibles а l’йpoque de la sociйtй umpйrial.
Opйrette et vaudeville
Il est difficile de passer sous silence l’importance que dйtenaient sous Napolйon III des spectacles de pur divertissement, avec en premier lieu la place prйpondйrante qu’avait prise l’opйrette.
Sur des livrets dus la plupart du temps au tandem Meilhac et Halйvy, Jacques Offenbach composa des oeuvres d’une extravagance et d’une gaоtй irrйsistibles, qui se donnиrent aux Bouffes-Parisiens, au Variйtйs, au Palais-Royal.
Eugиne Labiche (1815-1888) fut а sa maniиre un autre hйritier de Scribe. Mais son thйвtre se distingua vite par sa fantaisie dйbridйe, et une peinture de moeurs. Celui que Robert Pignarre appellera «l’Homиre de la petite bourgeoisie а pantoufles brodйes» porta le vaudeville а un niveau йclatant de rйussite. Notons que Labiche йcrivit presque toujours en collaboration, et c’est du fruit de ces collaborations que naquirent ses plus grandes rйussites: Embrassons-nous Follenille (1850),Un chapeau de paille d’Italie (1851), Le Voyage de monsieur Perrichon (1860), La Poudre aux yeux (1861), La Cagnotte (1864). Labiche n’avait pas d’autre but que de se moquer un peu, de faire rire beacoup. Et les bourgeois de province et de Paris faisaient un triomphe а celui qui les peignait si bien.
Henry Monnier (1799-1877) collabora йpisodiquement avec Labiche, comme pour la burlesque Affaire de la rue de Lourcine (1857) qui fit йgalement intervenir Edmont Martin. Monnier mit en scиne son hйros bourgeois dans La Famille improvisйe (1831), dans Grandeur et Dйcadance de M. Joseph Prudhomme (1853), dans de nombreuses saynиtes, et lui invena une solennelle biographie а travers un poman, Mйmoires de monsieur Joseph Prudhomme.
Cependent, pour la plupart de ces auteurs, la guerre de 1870 ainsi que la dйchйance de l’Empire furent un vйritable traumatisme. Labiche se borna ensuite а йditer son thйвtre complet, Offenbach entreprit ses йmoubants Contes d’Hoffmann.
Le thйвtre de la IIIe Rйpublique
La IIIe Rйpublique йtait constituйe en septembre 1870. Aprиs l’anйantissement de la Commune, les Parisiens reprirent peu а peu leurs habitudes. Les thйвtres dйtruits furent reconstruits et rouvrirent bientфt leurs portes. Enfin achevй, l’Opйra de Garnier fut inaugurй en 1875; une tradition de boulevard se renoua aux Variйtйs, au Gymnase, au Vaudeville. Les thйвtres municipaux reprent bientфt leurs activitйs, accueillant а nouveau les troupes en tournйes. Enfin, les diifйrentes lois sur les associations allaient favoriser la constitution de groupes d’amateurs. Le thйвtre Prenait une physionomie nouvelle. Les insouciants du Second Empire dйcouvrait un monde de revendication sociales, et les romans d’Emile Zola allaient contribuer а leur dessiller les yeux.
Le mкme Zola avait produit quelques drames mйdiocres. En 1881, il publia Le Naturalisme au thйвtre, aprиs avoir fait jouer une adaptation de L’Assammoir.
Stйphan Mallarmйe plaidait pour un thйвtre qui pourrait rendre compte des aspirations spiritualistes et symboleques de la fin du siиcle. Il n’avaient que dйgoыt pour le Naturalisme naissant, et revenaient а l’admiration des grands textes. Citons, comme l’un des meilleurs exemples dans cette voie, le thйвtre de Maurice Maeterlinck (1862-1949), dont La Princesse Maleine (1889), Pellйas et Mйlisandre (1892) ou Monna Vanna (1902) qui йtaient empreints d’un beau climat d’йtrangetй et de mystиre.
Cependent, le vaudeville retrouvait toute sa gloire, et Rostand allait mкme ressusciter le Romantisme.
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La premiиre partie du XXe siиcle
Un thйвtre littйraire
En rйaction contre le Naturalisme, un certain thйвtre littйraire continuait а se dйvelopper, encouragй par le mouvement des poиtes symbolistes. Paul coaudel (1868-1955), ainsi, et qui n’avait as йtй insensible а l’enchantement de Bayreuth, avait tentй de retrouver l’ampleur de la tragйdei grecque dans des dramaturgies foisonnantes, portйes par un grand souffle lyrique et chrйtien. Copeau avait montй L’Echange (йcrit en 1901), mais la plupart de ses autres piиces, Tкte d’or (1890), Le Partage de midi (1906), L’annonce faite а Marie (1912), furent crййes dans les annйes 40 et 50 par Jean-Louis Barault.
Andrй Gide (1869-1951) s’inspira quant а lui de mythes bibliques ou antiques, dans Saul (1903), Philoctиte (1899), Bйthsabйe (1903), OEdipe (1930-32). Enfin, Romain Rolland, encouragй par Gйmier, tenta de donner au thйвtre une grande fresque sur la Rйvolution qui resta inachevйe. Des trois oevres qui furent representйes, Les Loups (1898), Danton (1900), Le Quatoze Juillet (1902), seule Danton prйsente un vйritable intйrкt dramatique.
Cocteau
Jean Cocteau (1889-1963) tint une place un peu а part dans les lettres franзaises, avec son image de «prince frivole». Feru du culture grecque, il rйinterprйta tout d’abord les mythes antiques dans Antigone (1922), Orphйe (1926). La Machine infernale (1934), а partie du mythe d’Oedipe, constituait une fresque а la fois sombre et poиtique des destinйes de l’homme. En 1938 Les Parents terribles transposait au Boulevard la mythologie intime du poиte. Anfin, L’Aigle а deux tкtes (avec Edwige Feuillиre, Jean Marais) fut une curieuse rйsurgence en 1946 du drame romantique, inspirй librement par la mort mystйrieuse de Louis II de Baviиre.
Influence du Surrйalisme
Arman Salacrou, Roger Vitrac, Antonin Artaud adhйrиrent un temps au Surrйalisme. D’autres auteurs s’y intйressиrent,en gardant quelquefois leurs distances.
Roger Vitrac (1899-1952) eut une oeuvre trиs personnelle, tendre et grinзante, bien illustrйe par le ravageur Victor ou Les Enfants au pouvoir (1928). Victor fut montй par Antonin Artaud (1896-1948), qui avait fondй avec Robert Aron l’йphйmиre «Thйвtre Alfred-Jarry» vouй а la dйrision et а l’humour corrosif.
Armand Salacrou (1899-1990) йtait un fils de la bourgeoisie industrielle, mais il fut journaliste а L’Humanitй avant de rejoindre le Groupe Surrйaliste. Ses tentatives de marier sur la scиne l’ironei, la fantaisie et la reflexion aboutirent avec Une Femme libre (1934) et surtout L’Inconnue d’Arras (1935). Suivitent La Terre est ronde (1938), Histoire de rire (1939), et en 1947 L’Archipel Lenoir, satire fйroce d’une grande famille bourgeoise dans l’avant-guerre.
L’Occupation
Pendent l’Occupation, la vie parisienne des thйвtres fut plus florissante que jamais. De nombreux spectacles que s’adressaient aussi aux soldats allemands en permission relevait du grossier divertissement, mais le thйвtre survivait censure. Une partie des professoinnels du thйвtre avait cessй de s’exprimer, certains avaient quittй la France. Mais d’autres йtaient restйs, et la pйriode se rйvйlait propice а un thйвtre de qualitй. Un cetain public, en effet, йtait prкt а recevoir des piиces un peu plus difficiles, qui soient distrayantes sans verser dans la gaudriole. Cela dйmoda trиs vite de vaudeville et la comйdie lйgиre, mais permit le succиs des Mouches de Sartre en 1943, mis en scиne par Dullin, tandis que son ancien collaborateur Andrй Barsacq faisait triompher Le Bal des voleurs, Le Rendez-Vous de Senlis, Antigone d’Anouilh. On crйait йgalement La Reine morte (1942), et Fils de personne (1943) de Montherlant. En 1943, Jean-Louis Barrault rйalisa Le Soulier de satin de Claudel а la Comйdie-Franзaise, et Marcel Herrand, l’annйe suivante, crйa Le Malentendu de Camus et Hius clos de Sartre.
Sartre et Camus
Dans l’une des pйriodes les plus troublйes de l’humanitй, les deux philosophes de l’Existentialisme posиrent de grandes questions, auxquelles ils apportиrent des tentatives de rйponses.
Jean-Paul Sartre (1905-1980), qui devenait le maоtre а penser de toute une gйnйration, utilisa le thйвtre comme un mode d’illustration directe de ses thиses. Les Mouches (1943), en montrant la ville d’Argos ployant sous la domination d’Egisthe et sous le poids de la culpabilitй, prenait une йvidence caleur symbolique pour les spectateurs franзais. Huis clos (1944) avait un fondement plus psychologique. Morts sans sйpuluture (1946) avait comme sujer la torture, et La Putain respectueuse (1946) abordait le thиme du racisme. En 1948, Les Mains sales retransposait le thиme des Mouches. Plus complexes, ses deux derniиres grandes piиces, Le Diable et le Bon Dieu (1951) et Les Sйquestrйs d’Altona (1959) furent d’ambitieuses variations sur l’acte et l’йthique.
De tendance plutфt naturaliste, le thйвtre de Sartre de voulait limpide, dйmonstratif et efficace; mais un certain symbolisme de ses thйmes lui conserve une actualitй universelle.
Le philosophe Albert Camus (1913-1960) йtait nй en Algйrie, oщ,journaliste, enseignant, il avait йgalement dirigй une petite compagnie thйвtrale. Le Malentendu, crйй en 1943 par Maria Casarиs, traitait de maniиre un peu schйmatique de l’absurde condition de la vie. Plus flambouant, Caligula, en 1945, illustrait le terrible syllogisme: «On meurt parce qu’on est coupable. On est coupable parce qu’on est sujet de Caligula. Donc tout le monde est coupable. C’est une question de temps et de patience...» L’Etat de siиge (1948) et Les Justes (1949) eurent moins de portйe.















